Le journal de Gary

Réclamer sa normalité.

Il est tard ce soir. Depuis ma grippe je fais en sorte de me coucher de bonne heure. Je veux retrouver des bonnes habitudes de vie et une hygiène de vie digne de ce nom !

L’autre jour, Matt (le gars du plan à trois de la dernière fois) nous a envoyé la capture d’écran d’un profil d’une application de rencontre. Un gars plutôt charmant. Voyant mon ignorance, Matt me dit que c’est un ancien candidat de l’Amour est dans le pré. J’avais, vaguement, entendu parlé qu’un gay s’était présenté en tant que candidat au programme. De mémoire, il était plutôt mignon. Mais je n’ai pas suivi le programme et je ne sais pas trop ce qu’il est advenu de ce gars-là. De toute évidence, il cherche toujours puisqu’il est sur les applis.
Quelques jours avant, Matt m’avait envoyé la bande annonce d’un film qui sort au printemps prochain : Les crevettes pailletées, qui vient de recevoir un prix lors du festival de l’Alpe d’Huez. L’histoire de gays qui se font entrainer par un macho hétéro.
J’ai un peu l’impression que tout tourne autour de ça pour lui. Et comme pour beaucoup en fait.
Mais en fait, je m’en fous un peu… Comme je l’ai dit, je ne cherche pas une appartenance à une communauté. Je ne suis pas en quête d’identité.
Ce qui me gonfle un peu et que certains gays revendiquent une normalité dans laquelle, finalement, ils ne se reconnaissent pas. Il faut toujours qu’ils crient à la face du monde qu’ils sont différents, qu’ils sont funs, qu’ils sont libérés, qu’ils sont tolérants, qu’ils sont finalement mieux que les autres. Et ça me gave. Si certains ne veulent pas faire de vague car, qu’on le veuille ou non, les homos font, à l’heure actuelle, l’objet de discriminations et d’inégalités, d’autres revendiquent cette différence… pour se faire accepter ! En apparence du moins. On est bien d’accord, sur le papier, il n’y a pas de différence entre aimer un homme ou une femme. En pratique, c’est différent. Ainsi, pour moi, il n’y a pas de normalité ou d’anormalité. C’est le constat de tous les gays. Alors pourquoi revendiquer une différence ? Pourquoi vouloir être différent pour se faire accepter.
Alors les mecs qui ne fréquentent que le milieu, qui ne vivent que pour la culture gay, ça m’ennuie profondément. Il faut un peu s’ouvrir aux autres. J’ai vu des films traitant de l’homosexualité et même au cinéma. Mais il n’y a pas que ça. On ne peut pas résumer à sa vie à la queer attitude. Effectivement, je n’ai pas le parcours d’un gay classique. Mais des gars qui ont eu une vie d’hétéro et qui virent leur cuti il y en a. Et c’est pas une raison pour se mettre à écouter du Mylène Farmer dans des bains moussants en se rasant le torse. Non, on peut vivre son homosexualité en restant celui que l’on est !! !

Je fatigue, j’arrête là pour aujourd’hui.