Le journal de Gary

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septembre 2016

Au carrefour de sa vie.

Il y a des moments comme ça où on est à un carrefour de nos vies. L’instant où on se demande si l’on va dans la bonne direction, l’instant où se questionne sur son avenir. Est-ce que c’est vraiment cela que je veux ? Est-ce que c’est ma vie ? Ma vie c’est quoi ? C’est un job pépère qui me met à l’abri du besoin. C’est une femme et deux enfants. C’est une maison. C’est la vie de tout un chacun. Mais depuis dix mois c’est aussi la présence de mon amant que j’aime de tout mon être et avec qui j’ai rompu il y a tout juste une heure. J’essaie de garder (...)

Comment les choses ont changé.

Au début j’étais un hétéro comme les autres. J’ai rencontré ma femme, Ophélie, il y a quinze ans. On a emménagé ensemble il y a dix ans. La suite naturelle des choses : un enfant, un mariage, une maison achetée et un autre enfant (Cherchez l’erreur dans la chronologie pour ceux, s’il en existe encore ( !) qui ne conçoivent pas d’avoir des enfants sans mariage). Puis la vie file doucement. Les enfants, âgés aujourd’hui de 8 et 5 ans, rythment notre quotidien. On se perd un peu au milieu de tout ça. Depuis ces trois dernières années on avance comme des automates en (...)

Résumé depuis le 15 août 2016.

Le 15 août dernier, je quittais le foyer pour m’installer chez mes parents. Ma décision était prise, mes parents prévenus et Ophélie informée la veille pendant une rediffusion d’Harry Potter. Mon départ fut très compliqué. J’ai pleuré de 8h30 jusqu’à l’heure de mon départ, vers 11 heures. Je me suis réfugié chez Greg qui m’a accueilli les bras ouverts. Hasard du calendrier, il n’avait pas son fils pour la journée et pour la nuit. J’ai donc passé la journée à pleurer dans ses bras. Partir me déchirait le cœur alors que je ne voyais que cette solution. Le (...)

Doutes.

J’ai repris la vie commune il y a une semaine et rompu avec Greg depuis trois jours. Je suis en plein doute. Samedi après-midi, alors qu’Ophélie accompagnait les enfants chez son frère pour qu’ils voient leurs cousins, je me suis attelé à la pile de repassage qui attendait. Ophélie n’a pas vu que je pleurais. Je me retenais. Mon ainé l’a vu. Il m’a dit : « Papa, tu as les yeux rouges. Tu dois avoir une poussière dans l’œil ». Je lui ai répondu : « Oui, c’est ça ». Il me tardait qu’ils partent. Je sentais les larmes monter, j’avais du mal à les contenir. (...)

Alternative

Les journées passent et le poids de la culpabilité se fait de plus en plus fort vis-à-vis d’Ophélie. Lundi soir j’ai encore éclaté en sanglots. J’étais dehors en train d’arroser le jardin. J’avais besoin d’évacuer. Ophélie et mon ainé ont vu que je pleurais. Je leur ai demandé de me laisser seul. Je n’ai pas besoin de compagnie pour pleurer. Surtout que je ne peux avoir aucun soutien. Je ne peux pas accepter le soutien d’Ophélie. C’est mal venu de ma part. Mon mal-être vient du manque de mon amant, je ne vais pas, en plus, accepter l’aide qu’elle me (...)

Ce que je n'aime pas chez Greg.

Pour essayer de me sortir Greg de la tête, je vais faire la liste des choses qui me gênent chez lui. Sans ordre d’importance - Il est égocentrique. Je le trouve très centré sur sa personne. Il ne regarde pas trop autour de lui. Il a tendance à se centrer sur lui : sur ce qu’il veut, sur ce qu’il désire sans trop se soucier de l’autre. Est-ce dû au fait d’être fils unique ? C’est possible. - Il veut toujours avoir raison et il est de mauvaise foi. Il n’est jamais responsable de rien !!! Il trouve toujours une bonne excuse pour se dédouaner. Mais bon, je ne la ramène (...)

Le comportement d'Ophélie.

L’autre soir nous avons eu une discussion avec Ophélie. Sur un ton calme et serein. Nous avons parlé de notre couple, de ce qui a fait que nous nous sommes éloignés : du quotidien, de la routine. Elle est dans le vrai pour plein choses. Notamment pour ma colère que j’ai vis-à-vis d’elle. Oui, je lui fais payer son comportement. Mais quel comportement ? Je vais donc raconter ce qu’il s’est passé entre nous. Nous nous sommes rencontrés il y a quinze ans. J’étais son premier, elle était ma première. Nous avons vécu nos premières années de relation chez nos parents (...)

Discussion houleuse.

Hier on a eu une conversation très difficile avec Ophélie. Ca a commencé lorsqu’elle m’a demandé pourquoi je ne voulais pas recevoir les marques d’affection qu’elle me portait. Moi : Je trouve ça pas naturel car en 15 ans je n’en ai jamais eues. Ce n’est pas ta façon d’aimer. Je trouve ça hypocrite. Elle : J’ai besoin de ça pour reconstruire notre couple. Moi : Ca ne sert à rien. Elle : Pourquoi ? Moi : Car ce qu’il y avait entre nous s’est cassé. Elle : Mais c’est parce que j’ai sombré. Moi : Encore une fois, rien n’est de ta faute et tu te caches (...)

La culpabilité en moins.

J’ai changé d’optique depuis vendredi dernier. La culpabilité que je ressentais disparait peu à peu. Je me suis rendu compte, depuis ma dispute de vendredi soir, qu’Ophélie a fait le vide autour de moi et que je n’ai rien dans ma vie. Oui, je l’ai laissé faire. Mais avais-je le choix ? J’ai cédé pour avoir la paix. Mais, aujourd’hui je m’en veux. Bien entendu, je pourrai tirer un trait sur le passé mais je n’y arrive pas. Si elle s’était comportée normalement, je ne serai pas allé voir ailleurs. Si j’avais eu une vie normale avec un minimum de sexe et (...)

Choix.

Plus les jours passent et plus je me dis qu’il faut que je prenne une décision. A la maison je ne trouve plus ma place. Les enfants font leur vie et j’ai l’impression qu’ils n’ont pas besoin de moi. Ils se réfèrent toujours à leur mère et se trompent même quand ils m’appellent. Avant, c’était moi que l’on appelait mais depuis que je suis parti, je ressens cette distance avec eux. C’est difficile de combler le retard. Et, ils me le font naturellement ressentir, surtout mon ainé. Mais comment peuvent-ils faire autrement ? Il n’en reste pas moins que c’est dur (...)

En attendant le rendez-vous de ce soir...

Ce soir, j’ai rendez-vous avec la psy qu’Ophélie a consulté le mois dernier et qui souhaitait, soit me voir seul, soit nous voir tous les deux. Le but étant de restaurer la communication entre nous. Je me rends compte que la communication fonctionne mais qu’il ne faut pas aborder de sujet trop importants. Lorsque l’on reste sur des banalités comme les enfants, l’intendance ou le taf, ça va. Dès qu’il faut que l’on parle de nous deux, c’est plus compliqué. La colère revient très vite et c’est autre chose ! Alors que vais-je dire à cette psy ? D’abord, je vais (...)

Après le rendez-vous.

Hier j’ai eu le rendez-vous avec la psy. J’ai parlé pendant une 1h15. Je ne peux même pas dire que ça m’a fait du bien. J’ai raconté la même chose que j’ai raconté ici et notamment mon homosexualité. Elle n’a pas pu m’aiguiller comme il fallait. Je lui ai fait part des deux solutions qui s’offrent à moi : - Tout dire - Tout garder pour moi Elle m’a dit que je ne pouvais pas garder les choses pour moi et que ma colère ne ferait que s’intensifier. Elle m’a aussi dit, qu’Ophélie, en acceptant gentiment mon comportement abjecte était également en train (...)

Des nouvelles de Greg.

Hier, Greg m’a recontacté. Il m’a demandé comment ça allait. Je lui ai dit que j’allais bien. Lui aussi avait l’air de bien aller. Je lui ai demandé quand on se revoyait pour un resto. Devant son hésitation, je lui ai proposé de se voir le midi même. Il a accepté. Je l’ai fait se stationner dans le parking du taf car je suis proche du centre-ville. En rentrant dans sa voiture, j’ai vu son sourire. On est donc allé déjeuner ensemble. On a joué au jeu du chat et de la souris pendant tout le repas. Je t’aime, moi non plus. J’ai passé tout mon repas à le bader (...)

Confidences et écoute.

J’ai commencé à me confier à certaines collègues du boulot (quatre au total). J’étais trop seul dans mes problèmes, trop embourbé dans mes pensées. Je devais parler pour avoir l’opinion d’autrui. Et fait surprenant, personne ne me juge. Personne ne m’a traité de gros connard qui trompe sa femme. Tout le monde me soutient. Tout le monde veut mon bonheur. Quand on se confie, les langues se délient. Beaucoup m’ont dit que j’avais changé et que j’étais éteint. D’autres m’ont dit que je n’étais pas heureux et que lorsque je racontais ma vie on ressentait plus (...)

Se trouver au bon endroit.

En ce moment, je ne me sens pas bien à la maison. Je ne me sens pas chez moi. Comme l’impression de ne pas être chez moi et d’être en transit. Comme je le disais, Ophélie prend en charge beaucoup de choses à la maison. Du coup, je fais moins de trucs. Du coup, je me sens inutile. Les mots de Karen prononcés vendredi dernier résonnent en moi : Il faut être à la l’endroit où on se sent bien. Et ça me déchire le cœur, mais ce n’est pas chez moi. Ca me fait mal au cœur, par rapport aux enfants. Pourtant, je les aime. Mais je n’ai plus ma place. Je l’ai avec eux, mais (...)

Retrouvailles

Hier on s’est revu avec Greg. Depuis qu’il a repris contact jeudi dernier, on est resté en lien plus ou moins rapproché. On échange quelques sms. Sauf dimanche où je ne l’ai pas contacté. Vers 21 heures il m’a envoyé un message me demandant comment ça allait. De fil en aiguille, et sur des allusions de plus en plus chaudes, on a convenu que l’on se verrait le lendemain. On s’est donc revu. Il a été d’une rare douceur et très câlin. J’ai adoré. J’en avais besoin. Ca m’a fait du bien de m’offrir une parenthèse de douceur dans le tourbillon de contrariété (...)